Mariage musulman & robes de mariées

Oct 8, 2022 | robes de fêtes, vêtements musulmans

La robe de mariage, blanche, parfois en blanc cassé, élégante, longue, couvrant tout le corps et traînant par terre derrière son heureuse porteuse, un beau bouquet de fleurs à la main, sans oublier la couronne sur la tête, du même tissu que la robe ou parfois en métal doré. Apprenez en plus sur les mariages du monde et le mariage musulman.

Aujourd’hui, on a l’impression que cela a toujours été ainsi et sous toutes les latitudes.

 Pouvait-on assister à ce spectacle, disons au siècle dernier pour ne pas chercher plus loin dans les montagnes du Haut-Atlas marocain ? Ou dans les grandes oasis d’Algérie ? Dans les villes et villages d’Egypte, de Jordanie ou de la péninsule arabique ? Peu probable…

Pour avoir une idée de l’origine de la robe de mariée, un petit coup d’oeil rétrospectif sur l’histoire de ce vêtement, si éphémère pour celles qui le portent un jour et si omniprésent dans les têtes et les catalogues.

 Histoire de la robe de mariée à travers le monde

Dans la Grèce antique, la femme porte un chiton  fermé par une ceinture appelé zonè. Cette ceinture est fermée par le devant et signifie la chasteté ; la dénouer renvoie à l’accomplissement de l’acte sexuel. La mariée porte un voile.

Figurine en bronze spartiate d'une fille qui court, portant un chiton (British Museum)

Figurine en bronze spartiate d’une fille qui court, portant un chiton (British Museum)

Dans les mariages de la Rome antique, la promise est vêtue de tunica recta, tunique blanche tissée de façon traditionnelle qui descend jusqu’aux pieds. La taille est ceinte par un Nœud d’Héraclès  que seul le marié a le droit de dénouer. Elle porte également un manteau et des sandales de couleur safran, et sur la tête, un voile de couleur orange ainsi qu’une couronne de fleurs à partir du IIème siècle.

Au Moyen-Âge, il n’est pas d’usage de porter une robe spécifique pour le mariage, mais plus simplement sa plus jolie robe quelle qu’en soit la couleur (y compris le noir, notamment si le futur marié est veuf), même dans les milieux défavorisés.

Les rapports détaillés des mariages princiers en France montrent l’usage de robes en tissus de couleurs, le blanc étant souvent présent par des bordures de fourrures en hermine alors que chez les paysans, la robe est majoritairement rouge jusqu’au XIX ème siècle car la garance  avec laquelle elle est teinte est alors le colorant le plus résistant à l’eau, l’air, et à la lumière.

Au XIV è siècle, la mode est à la « cotardie » (ou « côte hardie »), un genre de « surcot »  avec manches, traîne et ceinture. Les tableaux de l’époque témoignent d’ailleurs que c’est seulement à la Renaissance que les épouses des familles aristocratiques commencent à revêtir une robe de couleur blanche : l’histoire rapporte que cette mode s’e »st propagée grâce à Marie Stuart  qui a porté une robe blanche lors de son mariage avec François II, le blanc étant la couleur de sa famille d’origine, à moins que ce soit la couleur du deuil (blanche à cette époque ) de son père qu’elle portait à son mariage.

Les siècles suivants, les robes de mariée retrouvent des couleurs, le noir étant plus prisé, car les robes peuvent être portées plusieurs fois, notamment dans les couches paysannes.

Dans la seconde moitié du XIW è siècle, sous l’impulsion de l’Eglise et en réaction à l’ancrage des valeurs républicaines dans la société française et sous l’influence des grands magasins, les femmes pratiquantes affirment leur virginité en revenant au blanc originel, symbole de pureté, même si certaines coutumes locales, préconisent un mariage en costume noir.

Le mariage de la Reine Victoria en robe de mariée blanche en 1840 réintroduit cette couleur. Celle-ci est choisie à la fois pour ne pas faire de l’ombre à son mari, le prince Albert, sanglé dans un uniforme écarlate, et pour relance l’industrie du satin du quartier londonien de Spitalfields et la dentelle de Honiton. Par cette inspiration, les robes de mariées deviennent blanches chez les classes aisées, puis dans les classes populaires.

Les femmes mettaient les plus belles robes qui étaient portées à d’autres occasions. Le blanc devient symbole de pureté, de richesses, ( les robes blanches coûtaient plus chers) et d’innocence. De plus, il rend mieux sur les photographies de l’époque. C’est avec la prospérité qui a suivi la seconde guerre mondiale que la robe de mariée blanche et portée une seule fois se répand dans toutes les classes.

La robe blanche triomphe et séduit les grands(es) de ce monde !

Après la pénurie de tissu de la seconde guerre mondiale, couturiers comme Christian Dior reviennent aux longueurs et les années 1950 voient l’âge d’ordre la robe ample, évasée jusqu’aux pieds.

 La robe de Grace Kelly  inspirera la mode nuptiale pendant longtemps alors que les minijupes apparaissent. Mais une minijupe adaptée au mariage, cela ne convient pas dans les églises et le modèle Grâce Kelly perdure.

robe de mariée Grace Kelly

Après le bouillonnement culturel des années 68, il y eut une période de flottement, d’hésitation des styles… Le mariage de Lady Di et Charles d’Angleterre provoque l’apparition d’un modèle ressemblant quelque peu à celui des années 1950 : jupe évasée, broderie, perles.. Ce modèle va faire les beaux jours des grands distributeurs.

Au début des années 1990, la mode revient à un peu plus de sobriété et la couleur fait son grand retour : d’abord quelques touches florales couleur pastel, puis les créateurs osent un tissu entièrement coloré (rouge, parme, etc..). La couleur dans la robe de mariée était, il y a quelques temps réservée (voire imposée) aux femmes ayant « fauté » avant le mariage.

Il est intéressant de noter que depuis quelques années, la mode a vu l’émergence d’un type nouveau de robes blanches, plus sobres, destinées aux mariages civils.

La robe de mariée, aujourd’hui

Au début du XXIè siècle, environ 75% des robes de mariées sur le marché de la mode sont sans manches, et sans bretelles. D’autres mariées préfèrent des styles plus modestes avec des manches, des décolletés plus hauts et des dos couverts. La plupart des robes de mariées d’aujourd’hui ont des dos à lacets ou des fermetures à glissières.

Les robes de mariées peuvent également être longues ou courtes, selon le type de mariage. De nombreuses robes de cérémonies occidentales sont dérivées de costumes traditionnels chrétiens… Il était donc nécessaire de réduire l’exposition cutanée. En réponse à cette tendance, les robes sans manches ou sans bretelles portent souvent de longs gants blancs.

La robe de mariée est également le symbole de clôture de défilés pour la haute couture. Ce rituel est introduit par Christian Dior dans les années 1950. Dans la mode, c’est un honneur pour un mannequin d’apparaître finalement avec en robe de mariée, comme par ailleurs le fait d’ouvrir le défilé, preuve d’une notoriété ou influence, à l’image de Laetitia Casta plusieurs fois en mariée pour Yves Saint Laurent.

Les robes de mariées dans le monde

  • Au Maghreb, la tradition veut que la mariée change sept fois de tenues, parfois moins en pratique, lors des noces qui durent plusieurs jours. Pour changer, la mariée est aidée par une negafa  au Maroc et Machta en Algérie.
La negafa assiste la mariée marocaine

La negafa assiste la mariée marocaine Auteur photo – Marribal878 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0,

 

  • Traditionnellement en Espagne, et plus particulièrement en Andalousie, la mariée porte une robe en soie, un châle et une mantille en dentelle de couleur noire.
  • En Inde, la mariée porte traditionnellement un sari rouge vermillon comportant des dorures. Des dessins au hénné sont faits sur la paume de ses mains et elle porte de nombreux bijoux.
  • Au Kénya, la mariée porte une tenue brodée de perles de verre. Elle a le crâne presque rasé et porte une coiffe avec des perles. Elle porte des bijoux, notamment des boucles d’oreilles volumineuses.
  • En Chine, le hanfu, vêtement traditionnel de la mariée est de couleur rouge, de même que beaucoup d’autres décorations du mariage.
  • Au Sénégal, le boubou très décoré et assorti à celui du marié est de mise.
  • En Roumanie, la tradition voulait que la mariée tricote elle-même sa jupe de mariée en laine.
  • Chez les Amishs aux Etats-Unis, la tenue de mariage des femmes est traditionnellement bleue ou noire et la future mariée doit la tricoter elle-même.
  • Aux Antilles, le tissu madras continue de parer de nombreuses robes de mariées.

De fait on assiste aujourd’hui à une occidentalisation de la robe de mariée à travers le monde. La diffusion de photos de mariages de célébrités joue fortement sur sur la mode des robes de mariage. Pour autant, certaines traditions demeurent

Mariage musulman : protocole et traditions

Quand on pense mariage, on pense souvent à la robe blanche, à la salle des fêtes et aux invités. La vérité , c’est que le mariage englobe un univers plus grand. Il y a ceux qui se contentent d’une petite cérémonie privée et ceux qui en font une somptueuse fête sans fin !

Les festivités, et parfois quelques excès (il y en a qui en font des tonnes !) n’empêchent pas le mariage oriental d’être un grand événement placé sous le signe de l’honneur, de la pudeur et de la joie !

Il faut absolument distinguer deux choses : le mariage musulman et le mariage traditionnel maghrébin. Le mariage traditionnel musulman est commun à tous ceux qui pratiquent la religion, quand le mariage maghrébin est purement traditionnel et peut varier selon le pays.

Le mariage musulman appelé « zawaj » ou « nikâh » est un contrat verbal sacré entre deux êtres, deux futurs époux qui expriment leur consentement à être mari et femme. C’est un rite religieux, à l’instar d’une cérémonie célébrée à l’église, sauf que ce contrat, en Islam, peut avoir lieu au domicile de l’un des mariés, en général celui de l’époux.

Les Sept robes de la mariée

Le jour de son mariage, la femme musulmane ne se contente pas d’une seule robe . Quelques semaines avant le jour J, la future mariée jouit du total confort : hammam avec les copines, massages, manucure, pédicure, soins de la peau et… choix des robes ! Sept pour être précis. Beaucoup observent encore cette tradition qui consiste à faire de la mariée la véritable reine d’un soir en l’habillant de sept robes différentes.

Il y a la robe de mariée blanche classique que la jeune épouse porte généralement pour aller à la mairie. Puis vient la tenue de Katifa (velours lourd et traditionnel) portée lors de la pose du hénné. En fonction des cultures, on va retrouver différentes coutumes : les mariés portent un habit traditionnel (Caftan de couleur verte au Maroc, ou Caftan blanc, ainsi qu’un burnous, sorte de cap déposée sur les épaules en Algérie).

katifa - robe mariage musulman

qatifa bônoise – image oriental.fr

Il y a ensuite la robe que la mariée porte pour couper la pièce montée, puis les quatre autres qu’elle revêtira pour la soirée.

Les sept jours de fêtes

Le chiffre 7 correspond certainement  aux nombre de jours de la semaine que doit durer la fête du mariage. Sept jours (une semaine), sept robes différentes. Cela vient sûrement du fait que la mariée doit être vue de la plus belle des manières et être ainsi mise en valeur avec des robes en provenance des différentes régions de son pays.

En Algérie souvent la mariée porte une robe kabyle, une oranaise,  une algéroise, un constantinoise…. Cette tradition n’est plus tout à fait observée de nos jours par manque de moyens ou de temps. Pour les mariages qui ne s’étalent que sur une seule journée, il est difficile de porter sept robes tour à tour, sans finir au bout de la nuit. Cela varie énormément, certaines mariées ne se changent qu’une seule fois, d’autres peuvent porter quatre ou cinq tenues.

Ainsi, un mariage musulman et traditionnel dure idéalement une semaine. Mais de nos jours, ces types de mariages avec location de salle, d’orchestre, de traiteur… ne durent plus qu’une journée ou deux.

Pour le grand jour, on prévoit bien sûr une belle robe de mariée très majoritairement – à travers le monde – de type occidental, généralement de couleur blanche ou crème. Pour faire complet, on prévoit aussi un bouquet de mariée composé de fleurs fraîches. L’heureux élu aura quant à lui un costume de mariage simple ou peut être même poussera-t-il jusqu’au smoking avec queue-de-pie.

Ces tenues sont bien sûr celles du mariage catholique qui possède ses propres rites et coutumes. Le mariage musulman est bien entendu régi par des traditions différentes, des pratiques et des rituels d’inspiration musulmanes, car ces rituels et traditions évoluent en fonction de la modernité, et l’Islam, religion qui a prouvé depuis des siècles sa souplesse et ses capacités d’adaptation aux exigences des époques, permet à cet événement capital dans la vie, de sortir des sentiers battus et d’accorder de grandes libertés pour renouveler les cérémonies, tout en restant dans fameux « Houdoud Allah » (limites fixées par Dieu, via le Coran).

mariage musulman - mariage halal

Couple mariage musulman

Donc toujours dans les limites de la pudeur, si possible de la discrétion en évitant toute excentricité inutile ou choquante, tout exhibitionnisme, non seulement physique, mais aussi matériel, comme l’exposition insolente de richesses ou de tout signe qui détournerait le mariage de son sens premier : l’union « halal » (licite) de deux êtres de sexes différents dans le cadre légal du mariage. Ce qui n’exclue nullement l’abondance de nourritures pour les invités, et toute les manifestations festives habituelles en la circonstance : orchestre, musique et danses, port des meilleurs habits adaptés, you-yous, et invitation aussi aux plus démunis du quartier ou de la ville. 

Mariage musulman et mariage traditionnelle tient du fait que pratiquement sous toutes les contrées gagnées par l’Islam, des mariages existaient déjà avec leurs rituels et leurs règles locales.

Comme déjà évoqué plus haut, il est nécessaire de faire la distinction entre mariage islamique et mariage traditionnel maghrébin ou oriental. Le mariage musulman fait référence à l’acte religieux de s’unir l’un à l’autre, devant un imam et des témoins. C’est le côté sacré de l’union qui lui donne son caractère « halal » (licite) et qu’il faut par la suite officialiser par un acte de mariage administratif à la mairie.

Le mariage musulman traditionnel

Le mariage traditionnel fait plutôt référence aux coutumes et traditions entourant le mariage qui peuvent alors différer d’un pays à l’autre. Dans ce cas les cérémonies et surtout les costumes peuvent changer d’un pays à l’autre, mais aussi d’une région à l’autre à l’intérieur d’un même pays. Ce qu’il faut dire de la robes de la mariée ou plutôt des robes de mariées, c’est qu’il n’y a pas une « robe canonique », du mot « canon » (qânûn en Arabe) qui signifie loi, règle ; autrement dit une robe « légale » et obligatoire.

Alors, la robe blanche à l’occidentale, « halal » ou haram » ?

La robe de mariée entre le licite et l’illicite

 La couleur blanche, à priori ne représente aucun inconvénient. Bien au contraire, le fameux « Haïk » répandu un peu partout au Maghreb, blanc ou blanc cassé est la preuve que la couleur blanche est synonyme de pureté, de féminité sans être particulièrement attirante, pour ne pas dire aguichante. Il est clair que certaines robes de mariées, conçue pourtant par de grands créateurs occidentaux ne peuvent pas aller dans un mariage à caractère musulman et risqueraient même d’être considérées comme une provocation ou une hérésie.

haik mariage musulman

haik mariage musulman – Le haïk (arabe : الحايك) est un vêtement féminin porté au Maghreb. Par Mus52 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0,

Mais il y a possibilité pour les couturiers d’adapter les nombreux styles de robes traditionnelles maghrébines qui ont leur renommée parfois au-delà du Maghreb aux robes de mariages telles que conçues et proposées en Occident et partout dans le monde , y compris dans les pays arabo-musulmans., où elles sont très prisées par certaines catégories riches et occidentalisées.

Adaptation, « stylisation », ajouts, modifications légères et introduction de « signes » culturels arabo-berbères au cas où ils n’existeraient pas déjà sue la robe originale, choix des couleurs, quitte à être un peu « iconoclaste », c’est-à-dire s’éloigner des normes en  appliquant une couleur dans les tons du blanc à une robe qui par coutume et depuis des siècles ne se fait pas en blanc ! Eh, oui ! la mode , c’est aussi de l’audace, de l’original, du surprenant…

 Nous avons attentivement observé quelques modèles de robes traditionnelles maghrébines célèbres qui ont été finement « transformées » en robe de mariage proche du modèle occidentale, tout en restant reconnaissable de par sa découpe, son style et donc son nom.

Ces transformations, plus à la « périphérie », laissant le modèle reconnaissable sont parfaitement licites (halal), dans la mesure où elle respectent l’essentiel des exigence de la « charia » : décence, « soutra » (cacher l’essentiel des parties du corps), quitte à y rajouter un khimar assorti pour cacher les cheveux et le buste.

Tenues-phares maghrébines pouvant servir de robes de mariée

• Le Caftan, indétrônable

Le Caftan, indéniablement reste le vêtement traditionnel de référence en matière de haute couture maghrébine : tissus, coupe, décorations, broderies… inégalable !
Tous les grands couturiers, occidentaux, maghrébins, orientaux s’emparent du Caftan pour le remodeler, l’adapter, l’ajuster, afin d’en faire une robe de mariage originale, qui se rapproche de la robe de mariée à l’occidentale tout en gardant au Caftan son identité. Pari tenu par les créateurs : le Caftan est reconnaissable à première vue par les convives, éventuellement les badauds si la mariée va avec son mari et sa compagnie à la mairie. Et apprécié d’être ainsi « l’heureux élu » – même quelque peu modifié – pour être porté part la belle du jour.

Pour résumer à l’extrême, on va voir ce que le génie des créateurs apporte comme modifications/ajouts à cette pièce ancestrale, répandue dans tous le Maghreb, depuis le retour des Andalous chassés d’Espagne et ayant largement dépassé les frontière du Maghreb et même du monde arabe !

Ce qui frappe à première vue, c’est le bas, largement plus évasé que d’habitude, plus long aussi, jusqu’à traîner par terre couvrant même les chaussures de la mariée ! Certains Caftans sont non seulement ainsi exagérément évasé, allongés, mais ont une rallonge supplémentaire à l’arrière qui rappelle celle des robes de mariées occidentales où deux demoiselles de service sont chargées de soulever cette « queue » de robe afin d’éviter qu’elle traîne et se salisse.

Les Caftans qu’on pourrait pour la circonstance appeler « d’intérieur », c’est-à-dire qui sont portés par les convives durant les cérémonies, peuvent être échancrés, parfois carrément décolletés « généreusement » ; celui réservé comme robe de mariée sera plus discret, plus fermé, mais en revanche plus riche en décorations (broderies), ce qui permet de mettre le buste, le cou et la tête de la mariée en valeur.

Evidemment, la couleur. Curieusement, on ne propose pas un Caftan entièrement blanc ou blanc cassé. Mais – l’astuce est là – le blanc sera dominant, associé à d’autres couleurs appartenant à un large spectre afin de permettre le maximum de choix et d’être sûr de contenter un plus grand nombre de clients(es). La prédominance du blanc, rappelle sans détour qu’il s’agit bien d’une robe de mariée « caftanisée » !

 

  • Le Karakou devient tenue de mariage

Le Karakou est apparu au XIX è siècle à Alger, il est l’évolution de la ghlila  (diminutif algérois du mot arabe ghalila ou ghilâla ) un vêtement d’origine orientale ottomane déjà connu au XVè siècle et qui a été influencé par l’apport berbéro-andalous. La différence entre les deux costumes est que le Karakou est cintré à la taille, tandis que la ghlila possède un décolleté. Ainsi, le karakou est l’héritier des vestes de différentes longueur du système féminin algérois à partir du XVIè siècle.

karakou algéroi robe fête

image : oriental.fr

L’apparition des vestes  ajustées au corps constitue une innovation dans le paysage vestimentaire maghrébin urbain. Le Karakou se raréfie au début du XXè siècle, conséquence de la baisse du niveau de vie des algériens, toutefois , il persiste tout au long de la période coloniale. Puis, il se modernise après l’indépendance du pays, jusqu’à représenter la tenue incontournable des Algéroises portée pendant les fêtes.

Les débuts des années 1980 sont ponctuées d’un modèle plus classique et plus imposant, abolissant tous les dérivées tels que le boléro ou la veste droite à manches courtes des décennies précédentes. Le Karakou retrouve sa coupe originale, cintrée, évasée, à partir de la taille et aux manches longues. Il est aujourd’hui un habit traditionnel portés lors des mariages algériens, dans tout le territoire national et hors de l’Algérie. Il est devenu un incontournable du trousseau de la mariée. Des créateurs de renoms s’en inspirent depuis des décennies à l’instar d’Elie Saab, d’Elsa Schiaparelli , Christian Lacroix , d’Yves Saint Laurent  et Eddine Belmahdi.

  • Le clou de l’année : la robe kabyle, « blanchie » transformée en robe de mariage !

 La robe kabyle traditionnelle existe depuis de nombreux siècles, elle a été portée par les femmes berbères nord-africaines. Désormais, la diaspora s’en empare. ET pas seulement :

  • les jeunes mariées l’ont adoptée comme robe de mariée de l’année (sans doute l’effet d’émergence de puissants mouvements réclamants la juste reconnaissance de la culture berbère), en la mettant ainsi à la mode.
  • Les grands couturiers ont flairé le filon et ont mis leurs talents et leur imagination au service de la robe kabyle, pour la transformer en robe de mariage ressemblant au modèle occidentale dominant, tout en gardant ses spécificité de robe traditionnelle, en matière de coupe, de décorations (très allégées) et de couleurs, où, évidemment le blanc va prendre le dessus.
  • Question coiffure et pour respecter la règle de la couverture des cheveux au moins en grande partie, on y ajoute une couronne métallique couleur or le plus souvent, qui permet en fait de fixer un long « foulard » (souvent semi-transparent) qui tombe vers l’arrière jusqu’à traîner par terre, pour être soulevé par des demoiselles d’honneur.

 

  • Cerise sur le gâteau : le Burnous féminisé !

 En plus du dévolu jeté sur la robe kabyle, on a ressorti un habit traditionnel non moins célèbre, mais jusque là surtout réservé aux hommes : le Burnous !

Celle ou celui qui a eu l’idée a tapé en plein dans le mille ! Non seulement  c’est un supplément qui rehausse considérablement la tenue globale de la mariée, mais on découvre que ce vêtement, longtemps apanage des hommes (disons-le tout franc : hommes rudes des montagnes, paysans qui s’en accommodaient parfaitement parce que très pratique pour les travaux aux champs. Ce qui n’empêchaient pas des citadins de le porter plus par désir d’élégance et d’originalité), on découvre donc, avec cette innovation que le burnous, transformé est un habit qui sied parfaitement aux dames… A condition de :

  • Choisir un tissu plus léger
  • Lui garder majoritairement sa couleur blanche en le rehaussant de broderies à motifs berbères.
  • Rajouter « à la périphérie » des couleurs chatoyantes, bien féminines sans surcharger le vêtement.
  • La mariée le portera par-dessus tout, largement ouvert à l’avant (à la manière d’une cape), afin de ne pas priver ses visiteurs et convives de l’élégance de la robe kabyle choisie pour l’occasion.